Vendredi 15 janvier 2010
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Chers amis,
Depuis le début de l'année, je suis over-booké. J'ai dû lever un peu le pied pour ne pas sombrer dans l'activisme, et renoncer par exemple à alimenter quotidiennement ce blog, ce dont je m'excuse
auprès de mes nombreux fans...
Je pense que j'écrirais un peu moins ici, et un peu plus ailleurs. Il n'est pas bon de courir plusieurs lièvres à la fois. On risque de s'essoufler... et de n'en attraper aucun.
Ce blog avait été créé à titre purement expérimental. J'ai trouvé intéressant de m'essayer à un autre style d'écriture que celui que je pratique habituellement. Et je regrette vraiment de n'avoir
guère plus de temps pour écrire. Mais quoique l'on dise, il faut bien vivre. Saint Paul lui-même fabriquait des tentes et travaillait de ses mains ; il ne vivait pas de la seule évangélisation.
De même, votre humble serviteur.
Le Seigneur vous bénisse et vous accorde sa paix!
Par Maemray
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Jeudi 31 décembre 2009
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12:36
A tous et à toutes, chers lecteurs, je vous souhaite une très belle et sainte année 2010!
Une bonne année, et surtout...
... surtout...
.... surtout...
.... SURTOUT
une bonne santé!
(spirituelle bien sûr!)
(et corporelle quand même aussi...).
Dieu vous garde!
Par Maemray
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Mercredi 30 décembre 2009
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18:20
En navigant par hasard sur Internet, je suis tombé sur une vidéo concernant Tariq Ramadan, dans laquelle il se trouve face à Jean Glavany lors d'une
audition devant les membres d'une commission parlementaire. Jean Glavany s'y montre méprisant et irrespectueux, tandis que Tariq Ramadan lui répond avec beaucoup de maîtrise et de tact.
Interloqué, je me suis demandé alors : "Qui est cet homme?"
Je connais très mal le monde musulman. Je fréquente certes beaucoup de musulmans dans le cadre de mon activité professionnelle, et j'ai essayé de m'intéresser à l'islam par quelque ouvrage. Les
éléments du dialogue inter-religieux engagé par le Pape Benoît XVI m'ont sensibilisé à la question de l'islam, de même que le débat sur la laïcité - qui nous concerne nous aussi catholiques. Mais
je me suis souvent demandé si le fossé culturel existant entre nous n'était pas tel qu'il rendait le dialogue sinon impossible du moins extrêmement difficile - parce que je ne connaissais pas
(dans mon ignorance) d'interlocuteur musulman vraiment audible.
Ce soir, je suis rasséréné. Bien plus, je suis éblouï et heureux. Je viens de visionner l'émission de Laurent Ruquier
au cours de laquelle Tariq Ramadan était confronté à quelques journalistes, dont un particulièrement virulent dans l'expression de sa pensée... totalitaire, disons le mot. Et je sens en moi
un coeur brulant, touché par la modération du propos, l'intelligence de la pensée, le sérieux de l'argumentation et du raisonnement - choses que l'on n'était plus trop habitué à
voir à la télévision française...
Je ne connais pas plus que cela Tariq Ramadan. Mais ce que j'ai vu et entendu aujourd'hui - et que je voudrais vous partager - m'incitent à le connaître davantage ; et à lire ses livres. Je crois
qu'il est de ces auteurs qui peuvent nous aider à aimer l'islam et à aimer les musulmans, à entrer avec eux dans un dialogue de charité et de vérité sur les questions
essentielles de la vie et de la foi - que ce blog a vocation à développer - ; il me paraît à ce titre un authentique artisan de paix pour notre pays et pour le monde. Je crois que
l'islam gagnerait beaucoup à l'écouter. Les chrétiens aussi.
Alors voilà : M. Ramadan, je voulais juste vous dire que j'ai eu le "coup de foudre" ce soir en vous écoutant, et que je suis heureux de vous connaître. Vous me redonnez confiance dans l'islam et
le dialogue inter-religieux ; confiance aussi dans la République - dont je partage votre conception de la laïcité, selon ce qu'il m'a été donné d'entendre.
Par Maemray
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Mardi 29 décembre 2009
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Une amie m'envoie ce matin un texte de méditation d'Origène.
Celui-ci, commentant le passage évangélique du recouvrement de
Jésus au Temple, commence ainsi sa réflexion : "Syméon savait que personne ne peut nous faire sortir
de la prison du corps avec l'espoir de la vie future
si ce n'est celui qu'il tenait dans ses bras."
Le texte est très beau, mais certaines formulations me gènent. Comme celles qui conçoivent le corps comme une prison.
Parce que notre corps n'est pas une prison.
Notre corps, c'est nous.
Nous n'avons pas un corps. Nous sommes un corps.
Un corps et une âme.
Un corps qui est l'expression visible de notre âme. Inséparable de notre âme.
C'est pourquoi la mort est une telle violence pour notre nature humaine (puisqu'elle est séparation du corps mortel et de l'âme immortelle).
C'est pourquoi notre corps ressuscitera et sera glorifié, éternellement.
Ce qui nous maintient en captivité, ce n'est donc pas notre corps, contrairement à ce qu'affirme Origène.
C'est le péché.
En s'incarnant, Dieu a pris un corps. Ce faisant, il a sanctifié le corps humain. Il lui a conféré une dignité incomparable, divine.
Depuis lors, il ne nous est plus permis de mépriser le corps.
En s'incarnant, Dieu a revêtu notre condition d'homme en toutes ses dimensions... mais à l'exception du péché!
Pourquoi cela?
Parce que le péché, précisément, n'appartient pas à la condition de l'homme
;
parce que le péché est ontologiquement étranger à la nature humaine ;
parce que le péché est très exactement ce qui empêche l'homme d'être authentiquement humain ; c'est-à-dire pleinement image et ressemblance de Dieu.
Par Maemray
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Lundi 28 décembre 2009
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20:03
Je viens de terminer le premier chapitre du livre de Tresmontant sur les Métaphysiques principales. Ce n'est pas un livre qui se lit
comme un roman, lorsqu'on n'est pas familier des choses de la philosophie. Je le lis donc à petites gorgées. Mais au fur et à mesure que j'avance, je me régale. Et vais de découvertes en
découvertes.
Ce qui est impressionnant, c'est de voir le déclin de la pensée humaine, à travers l'histoire de la métaphysique. Depuis 25-30 siècles environ, on raisonnait logiquement,
rationnellement. Avec les connaissances (limitées) de chaque époque. Mais on savait plus ou moins raisonner.
Le XXe siècle a marqué un grand tournant dans l'histoire de la pensée avec le surgissement pour la première fois d'une pensée authentiquement irrationnelle. Dont le père est sans conteste Martin Heidegger. Et dont le disciple "bien-aimé" est sans
conteste Jean-Paul Sartre. Michel Onfray (que
je n'ai pas lu, ni Tresmontant non plus, mais d'après ce que j'ai pu en entendre dire) s'inscrirait aussi dans cette lignée, s'il méritait encore le titre de "philosophe".
Transposée à la pensée philosophique elle-même, la grande question de Heidegger ("Pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien?") pourrait donc être formulée ainsi : "pourquoi y a-t-il
rien plutôt que quelque chose"? Ou : "pourquoi y a-t-il dans la pensée de certains philosophes absence de raison plutôt que raison"?
Par Maemray
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Dimanche 27 décembre 2009
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12:48
Nous n'en avons peut-être pas conscience, mais nous avons peur de Dieu.
Peur, parce que Dieu est infiniment grand et que nous sommes petits.
Peur, parce que Dieu est infiniment Saint et que nous sommes pécheurs.
Peur, parce que Dieu est Justice et qu'au regard de cette Justice, nous sommes tous condamnés.
C'est pourquoi nous nous cachons de Dieu.
Comme notre père Adam, qui s'est caché de Dieu après son péché.
Et nous nous réfugions qui dans l'athéisme ("Dieu n'existe pas!"), qui dans le relativisme ("tous les dieux se valent!" - ce qui est une autre manière de dire "Dieu n'existe
pas!")... Nous trouvons tous des bonnes raisons de ne pas croire, pour ne pas avoir à encourir la colère de Dieu qui, pensons-nous, pèse sur nous...
Que nous en ayons conscience ou pas n'y change rien : nous avons peur de Dieu.
Et nous le fuyons.
Beaucoup de choses dans notre attitude, dans notre rapport au religieux, s'explique par cette peur, s'origine dans cette peur.
Et Dieu le sait bien...
C'est pourquoi, il a inventé un stratagème pour nous reconquérir.
Un stratagème d'Amour.
Ce stratagème, c'est celui de venir à nous... sous l'humble apparence d'un enfant.
Qui aurait peur d'un enfant? D'un bébé qui fait "areux-areux", qui gazouille dans son berceau et qui nous fait des sourires?...
Oui, le voici notre Dieu.
La voici la lumière qui vient dans ce monde.
Notre Dieu est un enfant.
Dieu se fait petit enfant pour nous apprivoiser. Pour que nous n'ayons pas peur de
l'approcher.
Parce qu'il sait bien que nous n'avons rien à craindre d'un enfant.
Parce qu'il veut nous dire aujourd'hui que nous n'avons rien à craindre de Lui.
Par Maemray
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Samedi 26 décembre 2009
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11:17
Eh non, ce n'est pas ce que nous fêtons à Noël.
Pour beaucoup, il est vrai, Noël n'évoque même plus Jésus. Simplement le Père Noël, les cadeaux, le foie gras ou les vacances au ski...
Pour d'autres heureusement, Noël évoque encore un peu (quand même) l'enfant de la crèche de Bethléem. Ils se souviennent plus ou moins vaguement que Noël est le jour anniversaire de la
naissance de Jésus.
C'est déjà plus proche de la réalité.
Mais cela reste inexact.
Car la fête de Noël n'est pas un anniversaire.
Nous ne savons d'ailleurs pas précisément la date de naissance de Jésus.
Nous savons juste... qu'il n'est vraisemblablement pas né un 25 décembre. Et qu'il est venu au monde dans les années 8-6... avant Jésus-Christ! (eh oui, Jésus-Christ est né... avant
Jésus-Christ!)
Or, ce n'est sans doute pas un hasard si nous ne connaissons pas la date précise de la naissance de Jésus.
Dieu aurait très bien pu nous révéler cette date, Sainte entre toutes, s'il Lui avait plu. Lui qui a la puissance de faire naître un enfant du sein d'une Vierge, Il pouvait aisément nous
communiquer cette information.
S'Il ne l'a pas fait, c'est certainement pour une raison.
C'est certainement parce qu'Il ne veut pas que l'on célèbre la naissance de Jésus comme un
anniversaire ; et que l'on commémore Noël comme un évènement du passé.
Certes, la naissance de Jésus est un évènement historique inscrit dans le passé. Il a eu lieu une fois pour toute ; il ne se reproduira pas.
Mais dans le sacrement de l'eucharistie, les évènements du passé sont mystérieusement réactualisés, re-présentés, c'est-à-dire rendus présents... à notre présent.
Car Jésus, qui est né, est Dieu. Il est donc éternel. Il est donc actuel. Et tous les évènements historiques qui l'ont concerné en
son humanité ont acquis une valeur éternelle. Donc actuelle.
En Jésus, c'est Dieu qui naît ; c'est l'Eternel qui entre dans notre Histoire. Le fait historique de la naissance de Jésus est donc passé dans l'éternité de Dieu... et dans le présent de notre
humanité. Par la célébration de la liturgie de Noël, nous sommes rendus contemporains de l'évènement historique de la naissance de Jésus. L'Eucharistie rend Jésus présent aux fidèles ; Jésus, et tous les évènements qui ont jalonné son existence historique, dont sa naissance.
Aussi, on peut dire en toute vérité que c'est aujourd'hui que Jésus naît à Bethléem ; que c'est aujourd'hui que résonne à nos oreilles la Bonne Nouvelle annoncée par les Anges aux
bergers : "Aujourd'hui vous est né un
Sauveur".
Ou comme disait très justement notre ami Hervé : "pour moi Noël, c'est
la Venue de notre Seigneur Jésus-Christ, un petit enfant né à Béthléem il y a 20 siècles, mais que nous célébrons comme s'il naissait de nouveau chaque
année".
Par Maemray
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